09/04/2008

 

Josiane-blog

15:07 Écrit par Paul dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : art, peinture, huile |  Facebook |

Commentaires

Il ne doit pas être aisé de jouer les funambules entre le Grotesque des masques et la capture d'une infime et fugace émotion. Des gueules. Pas de visage à mon sens, loin de la photographie, de l'instant arrêté, non, ces gueules s'étirent dans les petits blancs du dimanche ou les gros rouges du lundi. Celle-ci on l'imaginerait les ongles crasseux de terre, sur la Place du Marché, l'épaule retenue par la main calleuse d'un disparu qui lui aurait détroussé un sourire il y a déjà bien longtemps. Elle est peut-être au bord de l'effondrement, prête à croasser quelques mots asphyxiés, la paupière grasse et le fard luisant. Et cette putain de langueur. Au début, je les imaginais morts, figés dans l'huile, coincés comme des moustiques dans l'ambre. Mais non, ils respirent, lentement, dans leur long coma morbide. Glacé à jamais dans un pèlerinage muet. Difficile de ne pas être éclaboussé par leur petit drame impersonnel. Un jour, je m'offrirai celui-ci et je l'accrocherai à mon mur, côté rue, pour que toutes les passantes s'y refassent les cheveux comme dans le reflet d'une flaque de pureté.

A bientôt.

Écrit par : Lenoir | 11/04/2008

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